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Institut de Recherche Technologique en aéronautique : Toulouse peaufine son dossier

Plusieurs entreprises régionales du secteur aérospatial s’associent à l’Université de Toulouse, aux écoles d’ingénieurs et aux laboratoires scientifiques. L’objectif : porter la candidature de Toulouse à un Institut de Recherche Technologique dans le cadre d’un appel d’offres national. Résultat attendu début 2011.

« La France a un très bon niveau en sciences, mais la situation se complique quand on veut traduire la science en technologie », explique Jean-Marc Thomas, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Le problème : la durée des phases de recherche, de développement et d’intégration des systèmes est beaucoup trop longue.

Un handicap que le gouvernement annonce vouloir surmonter en lançant, dans le cadre du Grand emprunt, un appel d’offres pour plusieurs Instituts de Recherche Technologique (IRT), des structures associant laboratoires, grandes écoles, universités et entreprises, qui permettront le partage des équipements et des compétences pour plus d’efficacité.

Avions moins lourds, satellites plus fiables

En toute logique, Toulouse a décidé de postuler à un IRT au service de l’innovation en aéronautique, espace et systèmes embarqués. Les deux conditions préalables sont réunies : adossement à un pôle de compétitivité mondial (Aerospace Valley) et implication directe des entreprises industrielles.

L’IRT sera constitué de deux plateformes de recherche technologique (micronanosystèmes et simulation numérique), destinées à répondre aux défis auxquels font face l’aéronautique et l’espace : réduction du poids de l’avion ou du satellite, besoin accru de fiabilité, complexité des systèmes embarqués due aux exigences nouvelles en matière de réglementation…

Des thématiques sur lesquelles travaillent déjà quelques laboratoires (CEMES, CIRIMAT, LAAS, ONERA…) et bon nombre d’industriels (Airbus, Astrium, Freescale, Alstom, Actia…) et de PME (CIRTEM, EPSILON…), qui seront parties prenantes.

“L’objectif est de faire émerger des technologies déterminantes qui iront jusqu’à la fabrication de prototypes. Ceux-ci permettront de démontrer la faisabilité de ces technologies, et les conditions à respecter pour passer du prototype à un produit manufacturé durable” explique Jean-Marc Thomas

150 000 m2 de locaux pour les projets

Concrètement, l’IRT de Toulouse veut renforcer les équipements des laboratoires de recherche publique, construire 150 000 m² d’immobilier d’entreprises pour accueillir des équipes et leurs projets, et consolider la formation.

Alain Ayache, directeur de l’ENSEEIHT, a été mandaté par L’Université de Toulouse pour mener une réflexion sur ce dernier point : « Nous souhaiterions créer un label ‘Toulouse Tech’ pour nos formations, et valoriser la formation doctorale pour rendre les étudiants directement employables dans le monde industriel. »

Le financement prévu pour l’IRT se monte à 1 milliard d’euros. Les industriels apporteraient 600 millions, et le Grand Emprunt 400 millions. Mais pour cela, Toulouse devra convaincre.

Un appel à manifestation d’intérêt a été ouvert le 30 juin dernier. Chaque ville candidate doit déposer un dossier d’ici le 3 septembre. Les dossiers retenus pourront dès lors postuler à l’appel d’offres en octobre 2010. Un jury international sélectionnera 4 à 6 IRT, validés par le Premier ministre, probablement début 2011