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16 chercheurs pour 1000 emplois en Midi-Pyrénées mais… pas assez de docteurs

Le rapport national sur l’emploi scientifique classe Midi-Pyrénées en tête pour la densité de chercheurs avec l’Île-de-France. Mais notre région forme encore trop peu de docteurs, estime Louis Castex, le président de l’Université de Toulouse.

Dans la tranche la plus élevée, « plus de 10 chercheurs pour 1000 emplois », deux régions apparaissent en rouge sur la carte : l’Île-de-France, ce qui n’est guère une surprise, et… Midi-Pyrénées. Le rapport « L’état des lieux de l’emploi scientifique en France » rendu public par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche (MESR) le 10 février dernier (1), confirme la place de Midi-Pyrénées dans le paysage scientifique français.

Pour être précis, selon un document de l’Insee paru en 2009 (2), la région afficherait 16,1 chercheurs pour 1000 emplois, devançant même l’Ile de France. « Beaucoup d’établissements publics comme le CNRS, l’Inra l’Inserm, l’IRD, l’Onera, ainsi que le Cnes, et dans le privé l’apport de grands groupes qui concentrent leurs moyens en région comme Sanofi-Aventis et Pierre Fabre dans les biotechnologies, Eads-Astrium et Thalès-Alenia Space dans le spatial, expliquent ce chiffre » souligne Louis Castex, président du PRES – Université de Toulouse.

Leader en terme de densité de chercheurs, Midi-Pyrénées conserve cependant, avec 6,6%, sa place de quatrième au plan national pour l’emploi scientifique derrière l’Île-de-France (38%), Rhône-Alpes (11,4%) et PACA (6,7%). « Ce taux pourrait augmenter avec les investissements dans le Cancéropôle et l’Aerospace Campus. Nous présenterons également l’été prochain un dossier de candidature au financement issu du grand emprunt, afin que Toulouse soit reconnue comme un campus d’excellence. Il y a des investissements importants à la clé », explique Louis Castex.

Pas assez de docteurs formés

Point noir soulevé par le président du PRES : Midi-Pyrénées est le deuxième potentiel de recherche derrière l’Île-de-France en terme de laboratoires, mais l’académie de Paris forme à elle seule quatre fois plus de docteurs (22% du total national) que celle de Toulouse (5%). « Il n’y a pas dans notre région assez de docteurs par rapport au nombre de chercheurs habilités à les encadrer en thèse », explique le président de l’Université de Toulouse, qui regrette un « manque de dynamisme » dans ce domaine, tout en reconnaissant que la qualité des thèses est aussi importante que la quantité. « Nous formons environ 750 à 800 docteurs par an en Midi-Pyrénées. Il faudrait doubler ce chiffre, notamment parce que le secteur privé a aujourd’hui moins de réticences à recruter des docteurs en France. Cela se fait depuis longtemps en Allemagne et au Royaume-Uni ».

Parmi les formations doctorales, le rapport montre que ce sont les sciences dites « dures » qui rencontrent le plus de succès en Midi-Pyrénées, en passant désormais la barre des 50% des thèses délivrées. « Les laboratoires concernés ont bien réorganisé leurs écoles doctorales. Leur offre est plus lisible et cela les rend plus attractifs, souligne Louis Castex. Il faut que les lettres, le droit et les langues bénéficient d’une attractivité comparable, car il y a de bonnes formations et d’excellentes laboratoires. Pour les rendre plus visibles, il faut afficher des thématiques claires et des débouchés, en insistant sur quelques ’success story’ de thèses ».

D’une manière générale, Midi-Pyrénées reste attractive. Malgré des problèmes de logements, Toulouse est passée en tête du palmarès des villes de France « où il fait bon étudier » dans le classement 2010 du magazine « L’Etudiant ».