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Voyage chez les fous de Gagarine, les 24/12 et 26/12 sur TLT Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
23 décembre 2010 13h49

L’année 2011 verra le 50ème anniversaire du vol de Youri Gagarine, le premier homme de l’espace. Le cinéaste russe Vladimir Kozlov, installé en Midi-Pyrénées, a réalisé un film, "Gagarinland" sur ceux qui vénèrent encore le héros soviétique. Diffusion sur TLT : vendredi 24/12 à 22h40 et dimanche 26/12 à 20h30
Vladimir Kozlov (à gauche) est parti à la rencontre des nostalgiques de Gagarine (sur la photographie), et de ceux qui en tirent profit (au premier plan, un projet immobilier). Crédit photo : Les Films de la Castagne

A 180 km de Moscou vers l’Ouest, en direction du Belarus, se trouve une petite ville au nom évocateur : Gagarine. Elle s’appelait Gjatsk jusqu’en 1968, année où elle a été rebaptisée du nom du héros soviétique Youri Gagarine. Le premier homme à s’élancer vers l’espace le 12 avril 1961 venait de se tuer dans un accident d’avion. Il était né dans le petit village de Klouchino, tout près de Gjatsk.

« Depuis, il s’est installé dans cette ville un véritable culte de Gagarine », explique Vladimir Kozlov, cinéaste russe installé depuis longtemps en Midi-Pyrénées.

Un culte qui lui a inspiré un film, « Gagarinland », co-produit par Les films de la castagne (*), une société de production toulousaine, et qui sera diffusé sur TLT vendredi 24/12 à 22h40 et dimanche 26/12 à 20h30.

Vénération et fétichisme

Vladimir Kozlov a voulu montrer la Russie d’hier et d’aujourd’hui en s’immergeant dans Gagarine-ville et en faisant le portrait de quelques un de ses « fous de Gagarine ».

On y rencontre un poète persuadé que le héros tourne toujours autour de la Terre et va redescendre un jour tel le Messie, un professeur fétichiste qui collectionne les objets même les plus anodins ayant appartenu au cosmonaute et compose des chansons à sa gloire, et enfin la propre nièce de Gagarine, qui travaille au musée bâti à la gloire de son oncle et parle matin et soir à la stèle qui lui est dédiée.

Ces gens sont-ils représentatifs de la Russie d’aujourd’hui ? « La Russie a beaucoup changé. Pour les jeunes, le héros s’appelle plutôt Spiderman. Mais une partie de la population vit encore dans un culte de ce genre. De toute façon, tout le monde est un peu fou en Russie » s’amuse Vladimir Kozlov.

Gagarine-business

Une folie qui n’empêche pas de faire des affaires. L’ex-maire de la ville a en effet le projet de bâtir un faramineux « cosmoland » sur le site de Gagarine-ville, censé attirer des foules de touristes. Plus pragmatiques, d’autres investisseurs ont placé leur argent dans un lotissement de datchas baptisé « Gagarinland », tout près du lieu de naissance du cosmonaute, où les futurs propriétaires pourront ressentir la « force vitale » du héros de l’espace…

Le nom d’un de ces investisseurs avisés, nouveaux maîtres de la Russie d’aujourd’hui : Alexei Leonov, le premier homme à avoir effectué une sortie dans l’espace en 1965, un personnage multi-facettes sur lequel Vladimir Kozlov prépare un autre documentaire en forme de portrait. Leonov a d’ailleurs fourni nombre de documents filmés inédits sur la vie de Gagarine, qui vont enrichir le film consacré à ce dernier.

Sera-t-il montré en Russie ? Ce n’est pas certain. Car, explique Vladimir Kozlov, « j’ai adopté un ton assez ironique qui peut déplaire ». D’autant, explique-t-il, que « Gagarine pourrait redevenir un instrument politique à l’occasion de la commémoration du 50ème anniversaire de son vol. » Un vrai héros de retour dans le panthéon parfois peu regardant d’un pouvoir russe qui joue aujourd’hui sans complexe sur la corde nationaliste.

Jean-François Haït, pour KwantiK !


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