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Un laboratoire toulousain veut « démocratiser » la mesure des vibrations par laser Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
22 novembre 2010 16h22

Un dispositif de vibromètre laser au laboratoire. A gauche : l’émetteur laser, le capteur du rayonnement réfléchi et toute l’électronique sont montés sur une table vibrante afin de simuler des conditions rencontrées par exemple dans un avion. A droite, la cible vibrante reçoit le rayon laser. Crédit : Laboratoire d’Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués.

Une équipe de recherche de l’ ENSEEIHT associée au LAAS a conçu un nouveau type de “vibromètre par laser”, dont le principe est la mesure à distance de vibrations mécaniques. Légère et peu onéreuse, la première mouture de la solution intéresse déjà plusieurs entreprises locales du secteur aéronautique.

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« Notre solution offre un progrès considérable des vibromètres par laser en termes de taille, de coût - environ 200 euros - et de souplesse. Elle présente en outre l’avantage de pouvoir être embarquée dans tous types d’environnements où l’on veut mesurer des vibrations. Jusqu’à présent, ces systèmes sont très encombrants, et peuvent représenter un investissement de près de 100 000 euros », explique Thierry Bosch, directeur du Laboratoire d’Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués de l’INPT-ENSEEIHT récemment devenu équipe associée au LAAS.

Les vibromètres par laser, de quoi s’agit-il ? « Ce sont des appareils qui sont utilisés dans l’industrie, afin notamment d’établir le niveau de vibration d’une pièce mécanique en cours d’usinage. Un progiciel permet d’analyser les résultats dans un objectif de contrôle de la qualité. L’intérêt du laser réside dans son caractère non intrusif : en lançant un rayon sur la cible puis en évaluant la puissance du rayon qui revient sur l’appareil, on peut mesurer les vibrations sans les modifier », précise le chercheur. 

Thierry Bosch, directeur du Laboratoire d'Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués. Crédit : LOSE Selon Thierry Bosch, l’innovation – dont le principe reste secret - promet de démocratiser l’usage des vibromètres par laser. Les applications potentielles sont nombreuses : surveillance médicale à domicile (contrôle de signes vitaux tels que la respiration, prévention de chutes…), gestion du bâtiment (télésurveillance d’ouvrages d’arts, détection de fumée, d’intrusion…), avionique (détection d’impacts en vol), environnement (détection de CO2, de nuisances sonores).

L’innovation récompensée par un prix européen

Pour cette technologie, l’équipe de Thierry Bosch a reçu le prix européen de la mécatronique, dans la catégorie Recherche. Une distinction décernée en juin par Thésame (réseau européen industrie-formation-recherche en mécatronique) et Artema (syndicat des industriels de la mécatronique) dans le cadre des Rencontres Européennes de la mécatronique.

Quant à la valorisation des résultats de cette recherche, elle est déjà engagée. L’Institut National Polytechnique de Toulouse (INPT) a déposé un brevet, tandis que le département de Valorisation du PRES Université de Toulouse a sélectionné le projet afin que la Région et l’Etat octroient un financement d’environ 60 000 euros. Objectif : réaliser un démonstrateur du système plus professionnel et plus proche des applications envisagées.

En outre, Thierry Bosch fait état de l’intérêt manifesté par plusieurs entreprises du secteur aéronautique toulousain. En vue : l’adaptation du système afin de mesurer les impacts sur les ailes d’avions. Ajoutons qu’une start-up parisienne, Epsiline, s’est installée à Toulouse pour travailler avec l’équipe de Thierry Bosch. Celle-ci apporte compétences et savoir-faire : la solution de mesure de vent que la jeune entreprise innovante développe est en effet basée sur le laser et sur des principes physiques similaires.

Frédéric Dessort

La start-up Epsiline remporte le Grand Prix 2010 des « Inn’Ovations »

Basé sur l’utilisation du laser, l’ « Anemoptic », développé par Epsiline, a séduit le jury des Inn’Ovations 2010 le 9 novembre dernier. Des trophées organisés comme à l’accoutumée par la Région Midi-Pyrénées, son agence Midi-Pyrénées Innovation et l’Etat, dans le cadre des rencontres “MID”, dédiées à l’innovation et au développement économique.

« C’est une grande chance de bénéficier d’un tel coup de projecteur », explique Christophe Lepaysan, président d’Epsiline, qui reçoit 50 000 euros de dotation. « Un prix qui va nous permettre de couvrir le développement du prototype de l’Anemoptic. Cette sonde laser de mesure du vent est conçue en partenariat avec le Laboratoire d’Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués, qui détient une technologie de référence au niveau international », poursuit le jeune créateur d’entreprise.

Celui-ci envisage le lancement du produit en 2011 à destination des agences de météorologie et des prospecteurs d’éoliennes. Bénéficiant de l’accompagnement de l’Incubateur Midi-Pyrénées, la jeune pousse entend lever 100 000 euros en fonds d’amorçage.

FD


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