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Pétition contre Claude Allègre : les climatologues toulousains en première ligne Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
26 avril 2010 12h51

De nombreux chercheurs toulousains ont signé la pétition des climatologues français contre la campagne médiatique menée par les climato-sceptiques, principalement Claude Allègre et Vincent Courtillot. Toutefois, l’initiative ne fait pas l’unanimité. Anny Cazenave, chercheuse au LEGOS à Toulouse et membre de l’Académie des Sciences, explique à KwantiK ! pourquoi elle n’a pas signé cet appel, même si elle l’approuve sur le fond.
La pétition adressée aux tutelles scientifiques a recueilli près de 600 signatures de chercheurs spécialistes du climat ou travaillant sur des thématiques connexes.

« Depuis le sommet de Copenhague en décembre dernier, où a eu lieu la première offensive des climato-sceptiques contre les climatologues, nous avons été surpris par le silence de nos tutelles. »

Christophe Cassou, climatologue, chargé de recherche au CNRS et détaché au CERFACS (1), est l’un des trois chercheurs toulousains qui font partie des tout premiers signataires de la lettre des 600 scientifiques du climat en colère contre les climato-sceptiques – avec Catherine Jeandel du LEGOS (2), et Philippe Rogel du CERFACS.

Mobilisation des chercheurs toulousains

Un appel signé par une soixantaine de climatologues basés à Toulouse, travaillant à Météo France, au CNRS, CNES, CNRM-Game (3), CESBIO (4)… Cette pétition a été envoyée le 7 avril au Ministère de la Recherche, aux directions des centres de recherche et à l’Académie des Sciences.

« Nous ne demandions pas à nos tutelles de se prononcer sur la science, précise Christophe Cassou ; mais sur la déontologie du métier et sur notre intégrité, contestée par Vincent Courtillot et Claude Allègre. ».

En ligne de mire, le dernier livre de l’ancien ministre, « L’Imposture climatique » caractérisé par « un manque total de rigueur scientifique . Les sources des conclusions scientifiques compilées ne sont pas citées, les raccourcis scientifiques sont énormes, des courbes sont fausses », martèle le chercheur toulousain, regrettant l’aura médiatique de telles personnes qui instillent le doute dans l’esprit du grand public au sujet du réchauffement climatique.

Une académicienne plus réservée

Tous les climatologues sur la même longueur d’onde ? Pas forcément. Anny Cazenave, chercheuse au LEGOS à Toulouse, qui a participé aux travaux du GIEC et qui est également membre de l’Académie des Sciences comme Claude Allègre, n’a pas signé cette pétition. « Je suis solidaire de mes collègues, explique-t-elle. Les attaques répétées des climato-sceptiques envers la communauté scientifique française sont inadmissibles et injustifiées, tout comme celles contre les travaux du GIEC. »

Mais si l’académicienne approuve le fond, elle n’adhère pas à la forme. « Je n’aimais pas le ton trop polémique de cette lettre ; par ailleurs, je n’étais pas d’accord pour interpeller l’Académie des sciences en disant qu’elle ne fait rien. Depuis quelques mois, au sein de l’Académie, il y a une volonté de mettre en place des groupes de réflexion afin de débattre des causes du changement climatique. »

Quid de l’éthique scientifique ? Si Anny Cazenave admet que publier des courbes fausses « n’est pas acceptable », elle estime qu’« on ne peut pas reprocher à des climato-sceptiques comme Vincent Courtillot – qui a publié des articles soumis à la relecture de ses pairs - d’avancer des hypothèses différentes ». Finalement, « cette lettre a déclenché des réactions positives, mais il faudrait passer à autre chose : en priorité, continuer les recherches. »

Un débat à prévoir

En tout cas, l’appel des climatologues français a été entendu. L’Alliance de recherche pour l’environnement (5) a déclaré dans un communiqué renouveler sa confiance aux chercheurs, tandis que le président du CNRS, Alain Fuchs, a décidé de saisir le Comité d’éthique du CNRS.

Quant à la Ministre de la Recherche Valérie Pécresse, elle a demandé à l’Académie des Sciences d’organiser un débat « afin de permettre la confrontation sereine des points de vue et des méthodes et d’établir l’état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique ».

Agnès Baritou, pour KwantiK !

(1) Centre Européen de Recherche et Formation Avancées en Calcul Scientifique

(2) Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales

(3) Centre National de Recherches Météorologiques

(4) Centre d’Etudes Spatiales de la Biosphère

(5) L’AllEnvi regroupe la plupart des organismes de recherche environnementale (BRGM, CEA, Cemagref, Cirad, CNRS, CPU, Ifremer, Inra, IRD, LCPC, Météo France et MNHN)


  • 11 juin 2010

    On est avec vous, bon courage !
  • VERONIQUE DOULAY
    17 février 2011

    Je signe cette pétition contre les dires fantaisistes de C.Allègre et V.Courtillot qui ne cherchent sans doute qu’à faire parler d’eux.

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