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« Nous voulons comprendre pourquoi des internautes se déconnectent » Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
25 juillet 2011 13h37

Johann Chaulet étudie l’usage du courrier électronique dans le cadre du projet Devotic. Crédit : DR

Fermer son compte Facebook, oublier sa boîte mail en vacances… Le sociologue Johann Chaulet veut expliquer ces comportements qui semblent se multiplier.

Votre laboratoire, le LISST-Cers (Université Toulouse II) participe au projet Devotic d’étude du phénomène de la déconnexion. En quoi consiste-t-il ?

Devotic, pour « déconnexion volontaire aux technologies de l’information et de la communication (TIC) » associe cinq laboratoires de recherche, en France et Canada, jusqu’à fin 2013.

Il s’agit de comprendre pourquoi et comment les gens se déconnectent, c’est-à-dire qu’ils quittent par exemple les réseaux sociaux, ou ne veulent plus être joignables en permanence sur leur smartphone.

Ce qui nous intéresse, c’est de connaître le sens qu’ils posent sur cette démarche et la manière dont elle se construit. Autre interrogation : à partir de quand est-il légitime de se déconnecter ?

Tout ceci dépend du contexte professionnel, familial, etc. Mais la nouveauté, aujourd’hui, c’est qu’il faut faire un effort beaucoup plus important pour se déconnecter.

Quels sont les résultats de cette première phase d’étude ?

En premier lieu, nous constatons que le fait de poser la question de la déconnexion fait écho à des interrogations sur sa mise en œuvre. Par exemple : quand je pars en vacances, est-ce que je prends mon téléphone portable ? Est-ce que je me connecte à Internet pendant mon séjour ?

Plus largement, il apparaît que la porosité induite entre les sphères professionnelles et personnelles est devenue une motivation à la déconnexion.

Autre raison possible : les perturbations générées sur la concentration. Par exemple, l’arrivée d’un mail suscite une tension vive et un combat intérieur pour ne pas s’interrompre dans son travail.

On peut donc dire que le thème de la déconnexion est d’ordre psychologique et philosophique. L’Internet permet de travailler partout : c’est une liberté, mais c’est aussi la dictature du travail permanent !

A l’évidence, l’usage d’Internet et des portables renvoie aux rapports entre soumission, asservissement et liberté. Ce qui montre à quel point notre sujet est difficile à appréhender.

Comment cette étude est-elle menée ?

Les équipes de Devotic ont choisi quatre types d’usagers et de contexte : les cadres, le milieu hospitalier, les usages domestiques, et le milieu universitaire. Nous incluons tous les modes et supports : téléphones fixes, smartphones, mails, réseaux sociaux.

Mon équipe se consacre au milieu universitaire. Nous travaillons avec une vingtaine de participants volontaires : des doctorants et des enseignants-chercheurs de disciplines, d’âge et de sexes différents.

Nous étudions l’usage qu’ils font du mail, qu’il soit professionnel ou personnel. A ce jour, nous avons donc pu établir un premier panorama d’usages, de représentations et de comportements. Prochaine étape, dès la rentrée : nous démarrons le processus d’individualisation des observations.

Propos recueillis par Frédéric Dessort pour Kwantik !

Pour en savoir plus : http://anr.devotic.univ-pau.fr/


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