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Les sciences brillent aussi en maison de retraite Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
24 mai 2010 18h32

L’association "Les étoiles brillent pour tous" organise des conférences scientifiques à l’intention d’un public qui n’y a habituellement pas accès. Nous les avons suivis un après-midi à la rencontre des résidents d’une maison de retraite. Le thème ? La mémoire.
Les conférences scientifiques de l’association Les étoiles brillent pour tous ont fourni de nouveaux sujets de conversation aux résidents de la maison de retraite Caroline-Baron à Toulouse, comme Marie-Madeleine, mal-voyante.


- « Mais quand c’est que ça va commencer ? »
- « À et quart »
- « C’est long ! »

Elles sont quatre, arrivées à 15h00 précises, maquillée et pomponnées comme pour une grande occasion, et papotent en attendant. Il faut, en effet, du temps pour aider les autres résidents moins valides à gagner en déambulateur ou fauteuil roulant le salon cosy de la Résidence Caroline Baron, avenue Jean-Rieux à Toulouse.

Car cet après-midi, il y a un événement que certains pensionnaires n’auraient raté pour rien au monde : une conférence scientifique.





Jean-Marc Devaud, chercheur au CRCA (1) à Toulouse vient parler de la mémoire. C’est la dernière d’un cycle de conférences organisé par l’association « Les Etoiles brillent pour tous ». Les thèmes sont très variés. Récemment, des chercheurs ont venus évoquer le système solaire, avec « Paysages planétaires » et l’archéologie avec « Le verre antique ».

Mais le sujet d’aujourd’hui n’est pas anodin. « Les pensionnaires ont été très demandeurs sur ce sujet, ils sont bien sûr très concernés par les problèmes posés par la perte progressive de la mémoire », souligne Bernadette Marek, qui assure la communication de l’association.

La salle est maintenant au complet, les premières diapositives apparaissent, l’assemblée est attentive et concentrée. « Nous n’avons pas un seul centre de la mémoire : nos souvenirs sont conservés dans différents endroits dans notre cerveau » commence par expliquer Jean-Marc Devaud, avec un souci de clarté. « Nous avons trois types de mémoire : immédiate, intermédiaire, et à long terme… »

Le chercheur puise des exemples dans la vie quotidienne, s’appuie sur du vécu. « Par exemple, les connaissances générales, tout ce que l’on apprend à l’école, cela s’appelle la mémoire déclarative, en gros tout ce qui répond aux questions : Qui ? Que ? Quoi ? Où ? »


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Jean-Marc Devaud

Une main se lève : « Monsieur, vous avez parlé de la mémoire visuelle, mais il y a aussi la mémoire auditive ! Je suis non- voyante mais j’ai une très bonne mémoire ! » Marie-Madeleine est atteinte de DMLA (2) depuis de nombreuses années. Malgré son dynamisme, elle a besoin désormais besoin d’une assistance, et ne peut plus rester seule chez elle.

« J’ai certes perdu la vue, mais tout m’intéresse. Ma radio est allumée en permanence, et j’ai eu grand intérêt à écouter cette conférence ! J’ai appris plein de choses aujourd’hui ! C’est passionnant ! ». Le reste de l’auditoire semble lui aussi conquis.

De telles réactions sont particulièrement gratifiantes pour Jean-Marc Devaud. Chercheur mais aussi enseignant, il a souhaité élargir son public en intégrant Les étoiles brillent pour tous.

« Cette association a pour but de diffuser la culture scientifique vers le grand public mais plus précisément auprès des personnes « empêchées » : les personnes âgées, handicapées ou encore les détenus dans les prisons. Ce sont des personnes oubliées des circuits traditionnels de la diffusion du savoir. Ces réunions, que l’on fait chez les gens, nous permettent d’en être plus proches, et l’auditoire restreint nous adresse des questions plus intimes ou nous font part de choses vécues parfois très émouvantes ».



La directrice de la maison de retraite, Luz-Maria Gomez, conclut : « Les résidents ont un fort appétit pour les sciences. Ces conférences ont permis de bouleverser la routine de l’établissement et de leur offrir de nouveaux sujets de conversation. Il y a des échanges passionnés dans les couloirs ! Ce cycle a été vraiment magnifique, nous réfléchissons déjà au prochain ! »

Patrick Dumas, pour KwantiK !

(1) Centre de recherches sur la cognition animale, Université Toulouse III - CNRS

(2) Dégénérescence maculaire liée à l’âge. Cette maladie provoque une perte de la vision centrale, impliquée dans toutes les activités quotidiennes.

Les étoiles brillent pour tous

Crédit photo : Patrick Dumas, pour KwantiK !


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