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Le CESR planche sur un super-chasseur de trous noirs Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
8 janvier 2010 17h35

Le laboratoire toulousain compte bien participer à une mission spatiale internationale qui ira débusquer les premiers trous noirs de l’Univers. Mais il faudra convaincre les agences spatiales de la financer.
Vue d’artiste de la mission IXO… qui pourrait devenir réalité autour de 2021. Crédit : Nasa

En 2010, les trous noirs seront plus que jamais dans la ligne de mire du Centre d’étude spatiale des rayonnements de Toulouse (CESR). En effet, ces objets de l’Univers si compacts que rien, pas même la lumière, ne peut en sortir se verront peut-être consacrer une mission spatiale d’envergure internationale.

L’un des principaux objectifs de cette mission baptisée IXO (International X-ray Observatory) : remonter aux plus anciens de ces trous noirs, ceux qui se seraient formés aux débuts de l’Univers, et reconstituer ainsi leur généalogie jusqu’au plus près de nous. « Il existe dans notre galaxie, la Voie Lactée, et dans les galaxies environnantes des trous noirs dits stellaires qui sont le produit de l’évolution de certaines étoiles très massives. Ces trous noirs sont eux-mêmes 3 à 20 fois plus massifs que notre Soleil. Par ailleurs, au cœur de ces galaxies se trouve un trou noir beaucoup plus gros, dit « supermassif », de l’ordre du million au milliard de fois la masse du Soleil », explique Didier Barret, chercheur au CESR.

Une découverte remarquable

Ces deux espèces étaient déjà connues. Mais en 2009, le CESR a fait une découverte remarquable. « Dans les données recueillies par le satellite européen XMM, nous avons détecté une troisième espèce encore jamais observée : un trou noir de masse intermédiaire, d’au moins 500 fois la masse du Soleil [en théorie, ils pourraient atteindre 10000 fois cette masse]. Et nous sommes tout près d’annoncer que cette découverte est confortée par une observation astronomique remarquable », se réjouit Didier Barret. Selon les chercheurs, ces trous noirs intermédiaires formeraient en s’assemblant les fameux trous noirs supermassifs.

Le bestiaire étant désormais au complet, l’équipe planche, comme près de 200 chercheurs du monde entier, sur le dossier scientifique de IXO. Le CESR a ainsi proposé un instrument, le HTRS (High Time Resolution Spectrometer), conçu pour étudier la matière qui gravite autour d’objets très compacts tels que les trous noirs et trahit ainsi leur présence, car on ne peut les observer directement. Cette matière se trouve dans des conditions extrêmes. Résultat : elle émet fortement des rayons X, d’où le nom de la mission.

« Grâce à son extrême sensibilité, IXO pourrait observer les trous noirs de centaines de galaxies lointaines » imagine déjà Didier Barret. Il faudra désormais des arguments scientifiques en béton pour convaincre les agences spatiales, Nasa (Etats-Unis), ESA (Europe) et Jaxa (Japon), de financer conjointement le projet. La décision est attendue début 2011. Si elle est positive, IXO pourrait décoller… en 2021 !

Jean-François Haït, pour Kwantik !


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