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« Il faut intégrer l’environnement à la fiscalité » Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
29 mars 2010 10h42

José Cambou regrette l’abandon de la taxe carbone prévue par le Grenelle de l’environnement. Crédit photo : Patrick Dumas pour KwantiK !

France Nature Environnement tenait sont congrès à Toulouse les 25 et 26 mars. Pour José Cambou, secrétaire nationale de l’association et vice-présidente régionale, de nouveaux indicateurs prenant en compte l’environnement sont nécessaires dans l’économie.

Le congrès de France Nature Environnement (*) s’est tenu à Toulouse les 25 et 26 mars. Il avait une forte dominante économique, et pour thème « De l’insupportable au désirable ». Aujourd’hui, qu’est-ce qui est insupportable et qu’est-ce qui est désirable ?

L’insupportable, c’est une économie qui casse de l’humain au quotidien et qui ponctionne fortement les ressources naturelles, avec un impact négatif sur la biodiversité. Le désirable, c’est d’aller vers une économie qui intègre les composantes environnementales, naturelles et humaines.

Alors, on parle parfois d’ « économie verte » ou de « croissance verte ». Je ne rentre pas dans ces débats sémantiques, mais c’est le sens de l’histoire. Et l’enjeu, ce sont des opportunités et des emplois au niveau français et international.

La taxe carbone, prévue dans le Grenelle de l’environnement, vient d’être abandonnée par le gouvernement. Quelle est votre réaction ?

Je suis désolée de la décision du président de la République, c’est une erreur manifeste. FNE avait critiqué la taxe carbone, car elle ne prenait guère en compte la notion d’économie d’énergie, de moindre consommation, via des solutions comme le covoiturage ou le transport à la demande, qui se développe notamment en région Midi-Pyrénées.

Il n’y avait pas non plus de pédagogie sur la taxe carbone. Mais elle pouvait constituer une première étape. De toute façon, il faut intégrer des critères environnementaux à la fiscalité, ce qui n’existe quasiment pas à l’heure actuelle.

Quelle a été la teneur des discussions pendant le Congrès ?

Nous avons notamment évoqué la question de ces indicateurs environnementaux, et l’idée qu’on pourrait relocaliser certaines productions, dont la délocalisation entraîne un coût énergétique mais aussi social. L’idée commence à faire son chemin, même chez les acteurs économiques.

Il faut aussi créer des emplois attractifs pour les jeunes, qui souhaitent aujourd’hui faire un métier en rapport avec leurs convictions et la protection de l’environnement. Beaucoup de jeunes diplômés, dont des scientifiques, des ingénieurs, viennent voir FNE et nous demandent conseil sur ce point. Le problème est aussi de rendre attractifs des emplois du bâtiment pour rénover avec une bonne efficacité énergétique, installer des chauffe-eau solaires ou des panneaux photovoltaïques. Ces métiers ont actuellement une mauvaise image.

Vous avez abordé lors du congrès les problématiques environnementales actuelles. En Midi-Pyrénées, comment se traduisent-elles ?

Tout d’abord par la perte de territoire agricole avec l’étalement de l’aire urbaine, alors que l’agriculture est la principale activité de la région. Cet étalement implique souvent l’utilisation de la voiture, d’où des problèmes de pollution. Concernant l’agriculture, elle est essentiellement intensive et tournée vers des espèces classiques (maïs, tournesol), qui nécessitent beaucoup d’engrais et de pesticides et, qui risquent en plus de mal résister au réchauffement climatique.

Enfin, on constate aussi une perte de biodiversité. Le développement de l’urbanisation, des axes de transport augmente la fragmentation des territoires. Il faut recréer des continuités, sinon les espèces ne peuvent pas se déplacer et la biodiversité s’appauvrit. La planification de l’usage du sol doit intégrer cet objectif.

Quel rôle peut jouer la recherche scientifique, notamment en Midi-Pyrénées, pour traiter ces problématiques ?

Des laboratoires recueillent des données sur la perte de biodiversité. D’autres, comme ceux l’Inra par exemple, travaillent sur de nouvelles espèces végétales mieux adaptées, ou sur une meilleure gestion des cultures. D’autres encore sont impliqués dans l’Observatoire pyrénéen du changement climatique récemment créé.

FNE suit ces travaux avec attention et entretient des rapports réguliers avec la recherche. Nous faisons même partie du comité d’orientation de Primequal, un programme de recherche sur la qualité de l’air. A ce titre, une association comme FNE peut parfois soutenir certains projets de recherche.

Propos recueillis par Jean-François Haït, pour KwantiK !

(*) France Nature Environnement fédère 3000 associations engagées dans la protection de l’environnement au plan national et 180 en région Midi-Pyrénées.


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