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Cardiomed s’envole pour la Station Spatiale Internationale Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
1er février 2010 14h39

Le système conçu à Toulouse va mesurer en temps réel le rythme cardiaque et la tension artérielle des astronautes russes. A la clé : une meilleure compréhension du risque de syncope.
Les essais du système Cardiomed réalisés à l’Institut des problèmes médicaux et biologiques de Moscou par les médecins russes. Le "pantalon" est un système qui crée une dépression autour des jambes pour compenser leur défaut d’irrigation en impesanteur. Crédit photo : CNES/IMBP

Un sixième de la population française connaît une syncope au moins une fois dans sa vie. Bien que bénin, cet évanouissement dû à une mauvaise irrigation du cerveau peut occasionner chutes et blessures. Le système Cardiomed conçu par le site toulousain du CNES, qui doit décoller le 3 février à bord d’un vaisseau Progress pour être livré aux astronautes russes de la Station Spatiale Internationale (ISS), pourrait aider à mieux comprendre le phénomène.

Microgravité et sédentarité : des effets comparables

Une fois n’est pas coutume, le corps d’un astronaute en impesanteur possède un point commun avec celui d’un Terrien qui ne pratiquerait aucune activité physique. Tous deux sont soumis à un risque élevé de syncope. En effet, la sédentarité et l’absence de pratique sportive entraînent une baisse de la tension artérielle, et une mauvaise irrigation du cerveau. De même, « la microgravité a pour effet de diminuer la capacité à l’effort physique, explique Marc-Antoine Custaud, médecin au CHU d’Angers, qui a collaboré au projet Cardiomed. La fréquence cardiaque augmente, et la chute de tension artérielle augmente le risque de syncopes ».

Les astronautes sont donc astreints à des exercices physiques journaliers pour combattre les effets de la microgravité et préparer leur retour sur Terre. Mais il fallait également pouvoir surveiller leur activité cardiaque en temps réel. Aussi l’Institut russe des problèmes médicaux et biologiques (IMBP) a demandé au CNES de concevoir un système d’instruments capable de mesurer l’activité cardiovasculaire de ses astronautes.

Des mesures en temps réel

Pour les ingénieurs du CNES comme pour ceux de la société EREMS de Flourens, qui a intégré les différents instruments, le principal challenge a résidé dans la « spatialisation ». Ou comment faire tenir 28 kg d’équipement de haute technologie, valant quelques 3 M€, dans un compartiment du laboratoire médical russe. Réunis autour d’un ordinateur portable, on trouve un boîtier d’alimentation et de transfert des données, et les instruments de mesure : électrocardiogramme, mesure de la tension sanguine, du débit sur trois artères en simultané…).

Mais pour Marc-Antoine Custaud, la principale innovation est à chercher « dans l’enregistrement et la transmission en temps réel des mesures sur Terre. Ainsi, lors d’un exercice physique, le personnel au sol pourra surveiller l’activité de l’astronaute, et au besoin lui dire d’arrêter ». Histoire de ne pas tomber dans les pommes… en impesanteur.

Simon Castéran, pour Kwantik !


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