
Comment équiper une flotte de véhicules de systèmes de communication sans relais terrestre ou satellite ? Comment faire dialoguer des téléphones mobiles, des capteurs, des caméras, des robots, qui ne parlent pas forcément le même langage ? Et le tout dans une configuration « portable », qui peut être déplacée dans des pays émergents ou sur des terrains de crise par exemple ?
Ces questions trouveront peut-être une réponse grâce au projet Adream (Architectures Dynamiques Reconfigurables de systèmes Embarqués Autonomes Mobiles), hébergé dans un nouveau bâtiment dont la première pierre sera posée courant juin sur le site du Laas (1) à Toulouse.
« Au Laas, nous travaillons sur la microélectronique, l’automatique, la robotique, la sûreté informatique… Nous avons souhaité bâtir un projet intégrateur » explique Michel Diaz, directeur de recherche au sein de l’équipe Outils et logiciels pour la communication.
Un banc d’essai pour des réseaux complexes
Développement durable oblige, le bâtiment Adream intègrera 500m2 de panneaux photovoltaïques dont la production et l’interconnexion seront optimisés - une compétence du Laas. Mais c’est la partie « réseaux » qui sera au cÅ“ur du dispositif. « Le bâtiment accueillera un ensemble de capteurs qui communiqueront sans fil, via des réseaux ’ad-hoc’. Ces réseaux sont plus spécialisés que l’Internet et peuvent être mis en place dans les régions où les infrastructures manquent. Le problème est qu’il faut gérer quantité de perturbations », explique le chercheur.
La sûreté de fonctionnement et la protection des données privées sera également testée dans le cadre de Adream. « Nous étudions déjà cette thématique au Laas, mais c’est plus compliqué avec les systèmes mobiles », précise Michel Diaz.
Enfin, le bâtiment sera doté d’un système de « monitoring » qui gèrera l’ensemble des fonctions, y compris une éventuelle défaillance du réseau d’énergie.
Ouvert aux chercheurs et aux entreprises
Un tel outil ne sera pas limité à l’usage des chercheurs. « Nous souhaitons l’ouvrir aux entreprises, qui pourront travailler avec nous sur des projets de recherche en amont, mais qui pourront aussi réaliser leurs propres études », conclut Michel Diaz.
Un message qui s’adresse aussi bien aux grands groupes qu’aux PME des secteurs concernés (systèmes embarqués, réseaux sans fil…) qui pourront utiliser ce « centre de ressources » plutôt original, dont la construction devrait être achevée à l’été 2011.
Jean-François Haït, pour KwantiK !
(1) Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes, CNRS
Michel Diaz, du Laas, présentera le projet Adream lors de la table ronde « dernières nouvelles de la recherche » de la Mêlée numérique le jeudi 29 avril à 14h30.