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16 chercheurs pour 1000 emplois en Midi-Pyrénées mais… pas assez de docteurs Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=
1er mars 2010 11h25

Crédit photo : Patrick Dumas, Look at sciences

Le rapport national sur l’emploi scientifique classe Midi-Pyrénées en tête pour la densité de chercheurs avec l’Île-de-France. Mais notre région forme encore trop peu de docteurs, estime Louis Castex, le président de l’Université de Toulouse.

Dans la tranche la plus élevée, « plus de 10 chercheurs pour 1000 emplois », deux régions apparaissent en rouge sur la carte : l’Île-de-France, ce qui n’est guère une surprise, et… Midi-Pyrénées. Le rapport « L’état des lieux de l’emploi scientifique en France » rendu public par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche (MESR) le 10 février dernier (1), confirme la place de Midi-Pyrénées dans le paysage scientifique français.

Pour être précis, selon un document de l’Insee paru en 2009 (2), la région afficherait 16,1 chercheurs pour 1000 emplois, devançant même l’Ile de France. « Beaucoup d’établissements publics comme le CNRS, l’Inra l’Inserm, l’IRD, l’Onera, ainsi que le Cnes, et dans le privé l’apport de grands groupes qui concentrent leurs moyens en région comme Sanofi-Aventis et Pierre Fabre dans les biotechnologies, Eads-Astrium et Thalès-Alenia Space dans le spatial, expliquent ce chiffre » souligne Louis Castex, président du PRES – Université de Toulouse.

Leader en terme de densité de chercheurs, Midi-Pyrénées conserve cependant, avec 6,6%, sa place de quatrième au plan national pour l’emploi scientifique derrière l’Île-de-France (38%), Rhône-Alpes (11,4%) et PACA (6,7%). « Ce taux pourrait augmenter avec les investissements dans le Cancéropôle et l’Aerospace Campus. Nous présenterons également l’été prochain un dossier de candidature au financement issu du grand emprunt, afin que Toulouse soit reconnue comme un campus d’excellence. Il y a des investissements importants à la clé », explique Louis Castex.

Pas assez de docteurs formés

Point noir soulevé par le président du PRES : Midi-Pyrénées est le deuxième potentiel de recherche derrière l’Île-de-France en terme de laboratoires, mais l’académie de Paris forme à elle seule quatre fois plus de docteurs (22% du total national) que celle de Toulouse (5%). « Il n’y a pas dans notre région assez de docteurs par rapport au nombre de chercheurs habilités à les encadrer en thèse », explique le président de l’Université de Toulouse, qui regrette un « manque de dynamisme » dans ce domaine, tout en reconnaissant que la qualité des thèses est aussi importante que la quantité. « Nous formons environ 750 à 800 docteurs par an en Midi-Pyrénées. Il faudrait doubler ce chiffre, notamment parce que le secteur privé a aujourd’hui moins de réticences à recruter des docteurs en France. Cela se fait depuis longtemps en Allemagne et au Royaume-Uni ».

Parmi les formations doctorales, le rapport montre que ce sont les sciences dites « dures » qui rencontrent le plus de succès en Midi-Pyrénées, en passant désormais la barre des 50% des thèses délivrées. « Les laboratoires concernés ont bien réorganisé leurs écoles doctorales. Leur offre est plus lisible et cela les rend plus attractifs, souligne Louis Castex. Il faut que les lettres, le droit et les langues bénéficient d’une attractivité comparable, car il y a de bonnes formations et d’excellentes laboratoires. Pour les rendre plus visibles, il faut afficher des thématiques claires et des débouchés, en insistant sur quelques ’success story’ de thèses ».

D’une manière générale, Midi-Pyrénées reste attractive. Malgré des problèmes de logements, Toulouse est passée en tête du palmarès des villes de France « où il fait bon étudier » dans le classement 2010 du magazine « L’Etudiant ».

Jean-François Haït, pour Kwantik !

Documents :

Rapport : « L’état des lieux de l’emploi scientifique en France » (document MESR)

« Midi-Pyrénées, première région pour l’effort de recherche » (document Insee-DRRT)

Le palmarès de « L’Etudiant »


  • Fabrice
    3 mars 2010

    Pas assez de docteurs seraient formés en Midi-Pyrénées ? Cette affirmation est très étrange pour quelqu’un qui connaît un peu le fonctionnement de la recherche en France… N’y aurait-il pas au contraire trop de docteurs par rapport aux possibilités d’emplois ? J’ai moi-même passé mon doctorat à l’Université de Toulouse, et je ne trouve pas d’emploi dans la recherche. Pas parce que je ne suis pas un bon chercheur (la qualité de mon dossier est reconnue de tous), pas parce que je ne travaille pas sur un sujet porteur (au contraire c’est un sujet très en vogue en ce moment), mais parce qu’aucun poste n’a été ouvert dans mon domaine à l’Université depuis plus de 4 ans. Pourtant, dans le même temps, de nombreuses thèses et quelques post-docs ont été proposées dans ce même domaine. Je ne suis pas le seul dans ce cas : les docteurs constituent une main d’œuvre pas chère et docile, mais dès qu’ils ont leur diplôme on leur suggère "d’aller voir ailleurs". Je vois dans mon laboratoire plus des 3/4 des doctorants souhaiter arrêter la recherche parce qu’ils savent qu’ils n’auront pas de poste. Je vois même de plus en plus d’étudiants en 1er cycle universitaire me dire : "faire une thèse ? pas question ! il n’y a aucun débouché". Après on peut toujours dire qu’il faut toujours plus de thésards… Mais ce système qui consiste à ne travailler qu’avec une main d’œuvre temporaire et renouvelable va finir par se planter en beauté. J’en fais le pari. Messieurs les décideurs s’il-vous-plaît remettez les pieds sur Terre !
  • louis Castex
    8 mars 2010

    Les docteurs ont vocation à irriguer la recherche publique, la recherche privée et toute l’activité économique. On constate que le management des entreprises françaises est occupé à 5% par des docteurs alors que ce chiffre est de 50% aux USA ou en Allemagne. Dès lors on perçoit mieux le déficit de culture "recherche" dans beaucoup d’entreprises. Le récent arrêté de 2006 conduit à mieux reconnaître les docteurs lors de leur entrée dans les entreprises (expérience, ancienneté,nature des emplois occupés,…) afin qu’ils y apportent un regard neuf et novateur. La formation des docteurs ne peut plus se concevoir que comme le seul renouvellement des chercheurs en place. Leur mission est désormais beaucoup plus large et c’est sur eux que repose une bonne part de notre capacité d’innovation dans tous les secteurs socio-économiques.
  • Henrie
    14 juin 2010

    Waw, j’apprécie votre site, grand merci à vous pour votre aide, et je suis entièrement d’accord ! J’insiste, oui votre travail est vraiment très bon, j’espère vous lire à nouveau bientôt. NB : Pardon si besoin pour les fautes éventuelles, n’étant en effet pas francophone, j’ai utilisé un outil de traduction en ligne.
  • Sheilah
    18 février 2012

    Je tenais à relever par ce commentaire que je suis content de la modération de ce site web. Pour une fois les commentaires évitent d’être dégradés par du spam de commentaires on peut ainsi tenir un vrai débat. Merci à vous ça fait plaisir.

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